La star de l’investissement en capital-risque de passage à La Baule chez FEED

Publié le par FEED COMMUNITY

La créativité est souvent née de la nécessité.

Anat Tsour Segal, fondatrice de Xenia Venture Capital

La star de l’investissement en capital-risque de passage à La Baule chez FEED
C’est sans doute la visite la plus prestigieuse de ces derniers mois à La Baule : il s’agit de celle d’Anat Tsour Segal.

Les entrepreneurs du monde entier dans le domaine des nouvelles technologies connaissent le fonds israélien Xenia Venture Capital qui a accompagné en bourse de nombreuses entreprises innovantes, à Tel-Aviv comme à New York. Anat Tsour Segal, présidente de Xenia Venture Capital, société basée en Israël, est venue deux jours à La Baule rencontrer des entreprises innovantes de tout le Grand Ouest, à l’initiative de Laurent Benveniste : pour écouter les entrepreneurs et, peut-être, les accompagner dans leur développement.

Anat Tsour Segal a accepté de répondre aux questions de Yannick Urrien.

Kernews : Xenia Venture Capital est un fonds reconnu dans le monde entier. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Anat Tsour Segal : J’ai créé le fonds il y a douze ans en gérant la privatisation d’un incubateur. C’était un projet du gouvernement israélien de privatiser tous les incubateurs. En effet, on avait compris que si les sociétés devenaient privées, elles intégreraient l’écosystème des nouvelles technologies en Israël. J’ai levé des fonds et j’ai aussi pu faire entrer la société à la bourse de Tel-Aviv. Nous avons pu lever 30 millions de dollars au départ. Nous avons investi dans une trentaine de projets. Quatre d’entre eux ont déjà pu sortir et nous avons décidé de concentrer nos investissements dans les projets à caractère médical, technologique ou de jeu.

On présente souvent Israël comme la « start-up nation ». Comment expliquez-vous cette créativité ?

Cela relève presque d’un miracle. Vous évoquez le titre d’un livre « Israël, la nation start-up » de Saul Singer et Dan Senor. C’est une réalité quotidienne dans notre pays, où il faut être créatif pour pouvoir se défendre. Dans ce contexte, de nombreuses technologies se sont développées dans les industries militaires, mais aussi dans l’agriculture. Depuis vingt ans, les choses ont explosé ! Quand j’ai commencé, c’était un peu le début. Dans les années 90, on a vu apparaître les premiers fonds d’investissement avec l’aide du gouvernement et des grands investisseurs américains sont venus en Israël. Des grandes multinationales, comme Google ou Microsoft, sont toutes venues investir en Israël pour ouvrir des centres de recherche et développement.

On dit même que la technologie de Google est née en Israël…

Oui. Par exemple, lorsque Google complète automatiquement votre phrase lors d’une recherche, c’est une technologie née en Israël. Les microprocesseurs d’Intel sont également nés en Israël. Idem pour les microprocesseurs des smartphones… Dans le paramédical, Israël est aussi à l’origine de plusieurs innovations. Quand les grandes marques technologiques sont arrivées des États-Unis, cela a vraiment apporté un véritable coup de pouce à l’économie.

Il est intéressant de noter que c’est le gouvernement israélien qui a encouragé le processus de privatisation de ces technologies, alors qu’en France on essaie de ramener dans la sphère publique ce qui est créé par le privé…

Il faut donner crédit au gouvernement israélien de cela. C’est assez paradoxal, parce qu’il y a quand même des problèmes en Israël, notamment des affaires de corruption. Nous ne sommes pas bien notés dans le monde dans ce domaine…

Parce que vous pensez que la France soit exemplaire ?

Je sais aussi… C’est partagé un peu partout, Israël est passé de la 14e à la 30e place dans le domaine de la corruption, c’est vraiment honteux ! Mais tout ce qui est technologique, c’est autre chose. C’est un monde à part.

Vous avez aussi accompagné des entreprises au Nasdaq : pourquoi ce choix ?

C’est une volonté d’aller à une plus grande échelle. C’est un phénomène très important. Israël est le deuxième pays au monde, après le Canada, à introduire des entreprises au Nasdaq. Il y a un très grand appétit des investisseurs américains pour les technologies israéliennes, même s’il y a eu beaucoup d’échecs. En ce moment, j’ai une société dans l’univers de la pharmacie que je vais introduire au Nasdaq. Alors, c’est le sommet ! Si une société peut aller au Nasdaq, elle ne va pas aller à la bourse de Tel-Aviv… C’est vraiment le prestige mondial. Maintenant, la bourse de Tel-Aviv va permettre aux sociétés israéliennes d’aller très facilement au Nasdaq, grâce à un système de péréquation et de coopération entre les deux bourses. C’est une très bonne chose.

On dit souvent que la souffrance favorise l’innovation, tandis que lorsque l’on est riche on se laisse gagner par le confort et il est plus difficile de créer… La créativité israélienne est-elle liée à l’insécurité et à l’état de guerre dans lequel se trouve votre pays ?

La créativité est souvent née de la nécessité. Regardez le système d’interception de missiles créé par Israël : il a été inventé parce que plus de 3000 missiles ont été lancés l’année dernière en direction de Tel-Aviv, donc sur ma tête… Israël est toujours sur la défensive. Il est nécessaire d’organiser des frappes là où les missiles sont lancés. Mais le système israélien permet d’intercepter les missiles quand ils sont encore en vol. C’est quelque chose de très avancé sur le plan technologique et c’est quelque chose qui a été créé par la nécessité. Alors, ce n’est pas forcément la souffrance, mais la nécessité, qui permet d’être agile intellectuellement. Dans l’art, c’est la souffrance. Dans la technologie, c’est la nécessité. N’oubliez pas qu’il y a soixante-dix ans, il y avait absolument rien en Israël, c’est un miracle économique ! Il y a aussi un esprit entrepreneurial très développé en Israël. Les gens n’ont pas peur de l’échec. En Israël, lorsque l’entreprise n’a pas réussi, ce n’est pas grave pour l’entrepreneur, comme aux États-Unis. En Allemagne ou au Japon, l’échec n’est pas acceptable, c’est même une honte au Japon. En Israël, connaître un échec, ce n’est pas grave du tout.

Alors, vous êtes venue faire votre marché d’entreprises innovantes françaises à La Baule ?

D’abord, je suis là pour des raisons d’amitié avec Laurent Benveniste qui était venu me voir à Tel-Aviv. Il y a beaucoup de choses intéressantes en Europe. Je suis aussi venue parler du modèle israélien, qui est très intéressant et qui est exportable, parce que je suis convaincue que nos recettes peuvent être appliquées en France ou en Europe. C’est un écosystème partagé. Vous savez, il y a toutes ces histoires de boycott en Europe des marchandises israéliennes, c’est vraiment dommage. Il faudrait que les gens comprennent que les entreprises israéliennes donnent du travail à tout le monde, y compris aux arabes, avec un salaire décent et des droits sociaux.

Et si vous rencontrez des entreprises innovantes qui ont des difficultés à se développer en France ?

Je peux les emmener en Israël, pourquoi pas ? Je suis intéressée par tout ce qui est dans l’univers de la médecine, la télé-médecine, les énergies, la communication… Il y a de nombreuses technologies qui peuvent apporter une vraie valeur dans le monde.

source : http://www.kernews.com/la-star-de-linvestissement-en-capital-risque-de-passage-a-la-baule/2724/

A propos de Anat SEGAL :

Ms. Anat Tsour Segal serves as the Chief Executive Officer and Director of Xenia Venture Capital Ltd. Ms. Segal has over 18 years of experience in corporate finance and strategic business development. She specializes in strategic and financial business planning, business development, and raising capital, including public offerings, venture capital financing, and mergers and acquisitions with a strong focus on high tech companies in various stages of development. She serves as a Member of Management Board at ConTrust Ltd. She actively involved in the initiation and execution of numerous initial public offerings on the NASDAQ, Tel Aviv, and European stock exchanges, mergers and acquisition transactions of Israeli technology companies, as well as in raising capital for private companies from top tier venture capitalists and strategic investors. Prior to the initiation of Xenia, she ran her independent management services and investment-banking boutique. Prior to establishing her advisory practice in January 2000, she served as the Managing Director and Head of Corporate Finance at Tamir Fishman & Co. Other positions held by her include Vice President of Investment Banking at Robertson Stephens/Evergreen. From 1990 to 1995, she served for Hapoalim Group International Division and for its Investment Banking arm, Poalim Capital Markets. She served as an Investment Banking Professional of Bank Hapoalim B.M. She serves as the Chairman of PolyPid Ltd. She has been a Director of ActiVein Inc. since March 2009 and PolyPid Ltd. since April 2008. She serves as a Director of IntuView Ltd., NeatStitch Ltd., VCortex Ltd., BookPulse, SAManage Ltd., Xenia Venture Capital Ltd., ATX Networks Israel., Orad and Attunity, Inc. She served as a Director of Correlix, Inc., Prior-Tech Ltd., Digital Verification Ltd., Ybox Real Estate Ltd. and Marathon Holdings Ltd. She serves on the Advisory Board of Tel-Aviv Yaffo Academic College. She served as Independent Outside Director of Attunity, Ltd. since December 2002. She served as a Member of Supervisory Board at Advanced Vision Technology Ltd. She served as the Chairman of Audit Committee at Orad Hi Tec Systems Ltd. Ms. Segal holds an M.B.A. in Finance, BA in Economics and Management, and an L.L.B. from the Tel Aviv University.

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Anat Segal On Bloomberg Ch - 13.02.2012

Anat Segal - Xenia

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