Laurent BENVENISTE fondateur de FEED COMMUNITY interviewé par La Baule+

Publié le par FEED COMMUNITY

Nous avons tout, à l'échelle de la presqu'île, pour accueillir des entreprises !
Nous avons tout, à l'échelle de la presqu'île, pour accueillir des entreprises !

Un réseau de soutien aux entreprises à fort potentiel se crée à la Baule.

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La Baule+ : Vous lancez Feed Community. Il ne s'agit pas simplement d'un cercle d'entrepreneurs, puisque c'est aussi une structure d'investissement pour les jeunes entreprises. Quelle est votre stratégie ?

Laurent Benveniste : Nous partons du constat que les entreprises de l'économie de demain sont portées par des petites équipes qui ont besoin d'être entourées, mais qui ont également besoin de financement dans leur première phase de développement. Nous sommes ancrés sur la presqu'île guérandaise, avec des personnes qui sont dans le Grand Ouest, dans la région parisienne, mais aussi dans les autres régions du monde, l'idée étant de faciliter le dé- ploiement mondial de ces projets. Nous nous intéressons dès le départ à neuf projets : par exemple, des solutions de sécurité sur Internet, une plate-forme santé avec des solutions nouvelles... Il y a aussi un projet dans le domaine de l'énergie.

La Baule+ : Il y a quelques mois, vous souhaitiez créer un écosystème d'entrepreneurs et d'investisseurs sur la presqu'île. Certes, vous ne semblez pas déçu, mais vous n'avez pas trouvé le vivier que vous pensiez faire éclore… Est-ce la raison de cette extension ?

Laurent Benveniste : Le chemin est un peu plus difficile que l'on aurait pu l'imaginer quand on voit le potentiel et l'attractivité du lieu. Mais le défi correspond aussi aux enjeux du moment. Les entreprises qui préparent l'économie de demain ne sont pas les mêmes qu'il y a dix ou vingt ans. Le fait de localiser ce projet sur la presqu'île peut constituer aussi un facteur d'entraînement. Mais le cadre géographique du projet dé- passe la presqu'île. Nous partons du constat que nous avons tout en France, d'une manière générale, pourréussir. Il nous manque un peu de culture et de moyens d'accompagnement. Mais les projets ambitieux sont extrêmement intéressants et ils peuvent devenir des numéros un mondiaux. Entraîner un changement de culture dans les territoires est quelque chose d'essentiel. Nous avons tout pour conduire cette mutation. Elle est plus lente que l'on pourrait le souhaiter, mais elle sera inéluctable. Nous avons tout, à l'échelle de la presqu'île, pour accueillir des entreprises. Il y a de très belles entreprises, ... il faut simplement qu'on les observe davantage, qu'on les accompagne davantage et qu'on les finance mieux dans les phases de déploiement.

La Baule+ : Vous avez organisé une première rencontre entre des entrepreneurs et des investisseurs à La Baule…

Laurent Benveniste : Oui, je voulais montrer que l'on n'a pas besoin de grand-chose pour réaliser notre objectif, c'est-à-dire accompagner des entreprises à forte ambition de développement. On a besoin de réseaux, de bienveillance et d'exigence parrapport aux porteurs de projets, afin de trouver les moyens de les financer dans ces phases qui sont compliquées. Dans un projet d'innovation, on ne connaît pas forcément le modèle économique au démarrage, mais on a besoin de prendre le premierrisque avec des porteurs de projets et l'essentiel de notre conviction concerne donc la capacité d'exécution du porteur de projet. Cela peut se faire en petits groupes, mais avec l'idée que l'ensemble de la société locale s'y intéresse.

Nous avons absolument tout pour réussir

La Baule+ : La Baule est une ville attractive, qui a tout pour devenir une sorte de Californie française. Mais comment expliquez-vous qu'il soit aussi difficile d'entreprendre en France ?

Laurent Benveniste : J'ai vécu dans le sud de la Californie. C'est une région de surf qui s'est développée à partir d'une première entreprise de biotechnologie. Il y a une différence de culture : en France, on a l'habitude de considérer que l'économie, c'est la grande entreprise et que la grande entreprise suffit à porter le poids de l'économie et de l'emploi. Nous avons vécu toutes ces dernières décennies en nous laissant dépasser par des pays qui avaient compris cela, comme l'Écosse ou la Finlande, et qui ont développé ces écosystèmes locaux autour de l'innovation. L'avantage que nous avons aujourd'hui, c'est que l'on peut prendre un raccourci puisque le modèle a changé avec Internet. À partir de la presqu'île, on doit s'organiser pour accueillir des projets qui peuvent être parmi les plus intéressants au monde. Il faut que ces créateurs s'installent sur la presqu'île et attirent les compétences nécessaires. C'est l'enjeu et nous avons absolument tout pour réussir cela. Cela reste ma conviction.

La Baule+ : Comment vous organisezvous au sein de Feed Community ?

Laurent Benveniste : C'est un fonds de dotation, un mélange entre une association et une fondation. C'est une œuvre d'intérêt général et les investisseurs pourront s'impliquer dans le développement de ces projets. Nous faisons cela à travers une communauté d'hommes et de femmes qui s'impliquent, avec un schéma fiscal extrêmement avantageux : 66% de réduction fiscale sur l'impôt sur le revenu. Cela nous permet d'avoir une petite équipe, animée par Emmanuel Taillez, un industriel et un coach certifié, et cela nous permet aussi de financer les entreprises. C'est une phase qui est compliquée en France, mais qui est compliquée partout, car elle se situe avant l'intervention des fonds d'investissement.

Propos recueillis par Yannick Urrien.

Laurent BENVENISTE fondateur de FEED COMMUNITY interviewé par La Baule+

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